Bonjour! Cet article est un peu particulier puisqu'il est en fait un compte-rendu d'une conférence à laquelle j'ai assisté le 11 février dernier à Poitiers et réunissant plusieurs spécialistes de
domaines extrêmement variés.
Je vous fais ici un petit résumé des interventions successives.
La conférence était placée sous la responsabilité scientifique de Pascal Duris qui fit la première intervention.
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Histoire des idées sur l'évolution, Pascal Duris (professeur d'épistémologie et histoire des sciences à l'univ Bordeaux I)
Pendant plusieurs siècles, les naturalistes ont rêgné en maître sur les connaissances scientifiques de la nature et du vivant. Leur but était d'accorder leurs connaissances sur la Bible car pour
eux, elle est source de vérité. Ainsi, on peut retrouver plusieurs tentatives de localisation du Paradis Terrestre, les datations des différents évènements de la Bible, etc.
C'est au début du 18e siècle et l'apparition des premiers "esprits libertins" que le doute s'est installé.
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De Maillet,
Entretien d'un philosophe indien avec un missionnaire français, 1748.
Pour lui, la vie s'est développée à partir de graines présentes dans l'univers et tombées sur Terre. Les premières formes de vie étaient marines et sont sorties de l'eau à cause de l'émergence des
terres.
C'était la première pensée non créationniste.
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Maupertuis
Chez cet auteur, on rencontre la possibilité de création d'espèces nouvelles par des productions fortuites se transmettant de génération en génération.
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Buffon
C'est le premier qui ose augmenter l'âge de la Terre (70000 dans les textes parus mais 3 millions d'années dans ses notes). Pour lui, la Terre est d'abord un morceau de Soleil arraché par une
comète. L'âge de la Terre correspond donc à la durée nécessaire pour son refroidissement. Les espèces vivantes elles, apparaissent spontanément selon le degré de refroidissement de la Terre.
Pour ces trois auteurs, le temps est primordial et les espèces non fixes.
A l'opposé,
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Cuvier
Créationniste (même si on peut difficilement employer ce mot à l'époque) et fixiste qui est pourtant le fondateur de la paléonthologie des vertébrés et fondateur de l'anatomie comparée aujourd'hui
outils fondamental montrant l'évolution. Comme quoi...
Cuvier est en effet le premier à avoir réussi à reconstituer des animaux entiers à partir d'une simple dent ou autre petit os fossilisé.
A partir de ses recherches il pense avoir trouvé des "espèces perdues" tuées par des catastrophes naturelles dont le Déluge. Pourtant des questions surgissent => Comment la vie
réapparait-elle?
Le catastrophisme de Cuvier doit donc devenir partiel, les catastrophes n'ont pas d'impacts partout.
Mais on voit bien les limites de cette théorie qui ne peut convenir.
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Lamarck
Botaniste enseignant la zoologie des insectes et vers. Il fonde, lui la paléonthologie des invertébrés et développe une nouvelle théorie en affirmant que les catastrophes de Cuvier n'existent
pas et que les fossiles proviennent d'espèces analoques à celles d'aujourd'hui mais pas identiques. Elles passent d'un état à l'autre par transformations progressives sous l'influence des
circonstances et variations fortuites les transmettant à leur descendance.
Chez Lamarck, on voit une certaine continuité et des durées longues dans une théorie transformiste comparée à la théorie fixiste composée de rupture et se basant sur des durées courtes de
Cuvier.
Pour Lamarck, les premières espèces sont nées par génération spontanée et sont des formes simples qui se complexifient au fur et à mesure des transformations.
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Evolution et paléontologie, Pascal Tassy (professeur au Muséum national d'Histoire naturelle).
La paléonthologie sert en partie à répondre à une question fondamentale, comment interpréter les fossiles?
En effet, ceux-ci peuvent être considérés comme des faits mais, pourtant, ils doivent être chargés d'hypothèses afin de pouvoir servir. Un fossile prit tout seul n'apporte rien, il doit être
questionné et des recherches doivent être menées afin de le rendre intéressant.
L'évolution de la pensée relative aux fossiles est riches et pleines de rebondissement pour arriver aux théorie modernes.
On s'est en effet apperçu que beaucoup de préjugés sur l'homme et sur son évolution étaient faux. Par exemple, l'homme ne descend pas du singe, c'est un primate "cousin" du chimpanzé. Le terme
cousin convient assez car en fait, nous descendons, comme d'autres singes, d'un ancêtre commun (un grand-père) dont l'évolution a donné plusieurs petits enfants.
De plus, l'évotution, souvent vu comme un arbre à l'image d'Haeckel (
Voir), n'en est en fait pas un mais plutôt un buisson comme l'avait déjà
pensé Darwin (
voir).
Aujourd'hui, les théories néo-darwiniennes se chargent de préciser la théorie de Darwin aux vues des découvertes fossiles.
La plus aboutie est peut-être la théorie des Equilibres Ponctués de
S.J Gould et
Niles Eldredge. Pour eux, l'évolution est constituée de longues périodes d'équilibre, poncutées par de plus courte période de changement soit en
terme de spéciation (évolution des espèces) soit extinction.
Ainsi les formes intermédiaires sont rares entre les espèces elles-mêmes mais par contre nombreuses entre les groupes, ce qui est totalement conforme avec la réalité.
Car oui beaucoup de formes intermédiaires ont été trouvés contrairement à ce que disent nombre de créationnistes totalement ignorant de la réalité.
Ainsi, pour l'homme,
Ororin,
Toumaï,
Piérolapithèque, et bien d'autres ont permis aux scientifiques de combler les lacunes de l'évolution buissonante de l'homme.
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Les pièges de l'enseignement de l'évolution, Guillaume Lecointre (professeur au muséum national d'Histoire naturelle)
(A venir)
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