Vendredi 13 mars 2009
Pascal Picq a bien raison lorsqu'il montre l'importance de l'ethologie (l'étude des grands singes) dans la compréhension et l'amélioration de la théorie de l'évolution.

Très récement, Santino, un chimpanzé du zoo de Furuvik en Suède a montré une capacité de projection dans le futur, d'anticipation encore jamais observée.

En effet, ce singe, n'aimant vraisemblablement pas le grand nombre de visiteurs affluant les premiers jours de la saison, s'employe à récolter plusieurs pierre voire à en polir certaines qu'il pose en tas avant l'ouverture et attend que les gens passe devant sa cage pour les lancer.

Première véritable planification d'une action par un grand singe cette découverte va remettre au goût du jour le vieux débat sur ce qui fait le propre de l'homme. Encore une preuve que les grands singes ne sont pas si éloignés de nous qu'on voulait bien le croire jusque là...

(Source : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/santino-le-chimpanze-qui-pense-au-futur_18544/)
Par Pierre Ankh - Publié dans : Actualité - Communauté : Ligue anti-créationniste
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Dimanche 22 février 2009
Dans le Science et Vie de mars, un petite brêve nous apprends quelque chose de fort intéressant : l'évolution ne peut faire machine arrière.

Des chercheurs portugais et américains sous la direction d'Henrique Teotonio, on fait évoluer pendant 25 ans des mouches drosophiles dans des environnements différents et puis les ont replacées dans leur environnement initial.

50 générations après elles s'étaient de nouveau adaptées à cet environnement mais d'une manière différente des précédents. En effet, même si certaines ont retrouvé le phénotype (apparence et fonctionnement) assez proche de celui de leurs ancêtres, elles restent génétiquement différentes.
50% des variations obtenues dans les environnements précédents durant 25 ans sont restées malgré la réadaptation.

Ainsi il semble impossible de prévoir comment des populations évoluront lors des changements de milieu car une même cause n'engendre pas les mêmes effet. Le hasard reprend ses droits.

(In Science et Vie n°1098 de mars 2009, p.17)
Par Pierre Ankh - Publié dans : Actualité - Communauté : Ligue anti-créationniste
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Mercredi 18 février 2009
Bonjour! Cet article est un peu particulier puisqu'il est en fait un compte-rendu d'une conférence à laquelle j'ai assisté le 11 février dernier à Poitiers et réunissant plusieurs spécialistes de domaines extrêmement variés.

Je vous fais ici un petit résumé des interventions successives.

La conférence était placée sous la responsabilité scientifique de Pascal Duris qui fit la première intervention.


  • Histoire des idées sur l'évolution, Pascal Duris (professeur d'épistémologie et histoire des sciences à l'univ Bordeaux I)

Pendant plusieurs siècles, les naturalistes ont rêgné en maître sur les connaissances scientifiques de la nature et du vivant. Leur but était d'accorder leurs connaissances sur la Bible car pour eux, elle est source de vérité. Ainsi, on peut retrouver plusieurs tentatives de localisation du Paradis Terrestre, les datations des différents évènements de la Bible, etc.

C'est au début du 18e siècle et l'apparition des premiers "esprits libertins" que le doute s'est installé.

* De Maillet, Entretien d'un philosophe indien avec un missionnaire français, 1748.

Pour lui, la vie s'est développée à partir de graines présentes dans l'univers et tombées sur Terre. Les premières formes de vie étaient marines et sont sorties de l'eau à cause de l'émergence des terres.
C'était la première pensée non créationniste.

* Maupertuis

Chez cet auteur, on rencontre la possibilité de création d'espèces nouvelles par des productions fortuites se transmettant de génération en génération.

* Buffon

C'est le premier qui ose augmenter l'âge de la Terre (70000 dans les textes parus mais 3 millions d'années dans ses notes). Pour lui, la Terre est d'abord un morceau de Soleil arraché par une comète. L'âge de la Terre correspond donc à la durée nécessaire pour son refroidissement. Les espèces vivantes elles, apparaissent spontanément selon le degré de refroidissement de la Terre.

Pour ces trois auteurs, le temps est primordial et les espèces non fixes.


A l'opposé,

* Cuvier

Créationniste (même si on peut difficilement employer ce mot à l'époque) et fixiste qui est pourtant le fondateur de la paléonthologie des vertébrés et fondateur de l'anatomie comparée aujourd'hui outils fondamental montrant l'évolution. Comme quoi...
Cuvier est en effet le premier à avoir réussi à reconstituer des animaux entiers à partir d'une simple dent ou autre petit os fossilisé.
A partir de ses recherches il pense avoir trouvé des "espèces perdues" tuées par des catastrophes naturelles dont le Déluge. Pourtant des questions surgissent => Comment la vie réapparait-elle?
Le catastrophisme de Cuvier doit donc devenir partiel, les catastrophes n'ont pas d'impacts partout.
Mais on voit bien les limites de cette théorie qui ne peut convenir.


* Lamarck

Botaniste enseignant la zoologie des insectes et vers. Il fonde, lui la paléonthologie  des invertébrés et développe une nouvelle théorie en affirmant que les catastrophes de Cuvier n'existent pas et que les fossiles proviennent d'espèces analoques à celles d'aujourd'hui mais pas identiques. Elles passent d'un état à l'autre par transformations progressives sous l'influence des circonstances et variations fortuites les transmettant à leur descendance.

Chez Lamarck, on voit une certaine continuité et des durées longues dans une théorie transformiste comparée à la théorie fixiste composée de rupture et se basant sur des durées courtes de Cuvier.

Pour Lamarck, les premières espèces sont nées par génération spontanée et sont des formes simples qui se complexifient au fur et à mesure des transformations.



  • Evolution et paléontologie, Pascal Tassy (professeur au Muséum national d'Histoire naturelle).

La paléonthologie sert en partie à répondre à une question fondamentale, comment interpréter les fossiles?
En effet, ceux-ci peuvent être considérés comme des faits mais, pourtant, ils doivent être chargés d'hypothèses afin de pouvoir servir. Un fossile prit tout seul n'apporte rien, il doit être questionné et des recherches doivent être menées afin de le rendre intéressant.

L'évolution de la pensée relative aux fossiles est riches et pleines de rebondissement pour arriver aux théorie modernes.

On s'est en effet apperçu que beaucoup de préjugés sur l'homme et sur son évolution étaient faux. Par exemple, l'homme ne descend pas du singe, c'est un primate "cousin" du chimpanzé. Le terme cousin convient assez car en fait, nous descendons, comme d'autres singes, d'un ancêtre commun (un grand-père) dont l'évolution a donné plusieurs petits enfants.
De plus, l'évotution, souvent vu comme un arbre à l'image d'Haeckel (Voir), n'en est en fait pas un mais plutôt un buisson comme l'avait déjà pensé Darwin (voir).

Aujourd'hui, les théories néo-darwiniennes se chargent de préciser la théorie de Darwin aux vues des découvertes fossiles.
La plus aboutie est peut-être la théorie des Equilibres Ponctués de S.J Gould et Niles Eldredge. Pour eux, l'évolution est constituée de longues périodes d'équilibre, poncutées par de plus courte période de changement soit en terme de spéciation (évolution des espèces) soit extinction.
Ainsi les formes intermédiaires sont rares entre les espèces elles-mêmes mais par contre nombreuses entre les groupes, ce qui est totalement conforme avec la réalité.

Car oui beaucoup de formes intermédiaires ont été trouvés contrairement à ce que disent nombre de créationnistes totalement ignorant de la réalité.

Ainsi, pour l'homme, Ororin, Toumaï, Piérolapithèque, et bien d'autres ont permis aux scientifiques de combler les lacunes de l'évolution buissonante de l'homme.


  • Les pièges de l'enseignement de l'évolution, Guillaume Lecointre (professeur au muséum national d'Histoire naturelle)

(A venir)
Par Pierre Ankh - Publié dans : Cours de Science
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Mardi 17 février 2009
2009 est sans conteste une année évolutionniste et je me devais de fêter les trois anniversaires que nous célébrons cette année!

Tout d'abord, les deux plus connus que l'on voit partout, que l'on entend à la radio, que l'on voit à la télé, que l'on lit sans cesse dans les journaux et magasines, l'anniversaire à la fois de la naissance de Darwin et de la publication de l'Origine des Espèces.

Effectivement, le 12 février 1809 naissait Charles Darwin qui, de 1831 à 1836 fit le tour du monde à bord du Beagle et en rapporta notes et échantillons qui lui servirons à imaginer et à théoriser sa grande idée, l'Evolution qui sera formulé dans son essai incomplet de l'Origine des Espèces en novembre 1859.

Ainsi donc nous célébrons cette année le bicentenaire de la naissance de Darwin et le cent cinquantenaire de la publication de son ouvrage majeur.


Pourtant, ce que beaucoup ne savent pas et ce que les médias occultent en partie c'est que en 1809 était publiée la Philosophie Zoologique de Lamarck support de la théorie transformiste, différente de celle de Darwin sur le rôle du hasard. C'est pourtant un ouvrage fondamental qui eut une influence considérable et qui tend encore aujourd'hui à persister dans l'imaginaire populaire voire à être réhabilité ou repris pour expliquer certains phénomènes mais cela nécessite au moins un article pour une plus grande compréhension.

Aux vues des objectifs de ce blog je ne pouvais pas ne pas fêter ces anniversaires et profiter de cette année symbolique pour répandre la parole évolutionniste. La théorie de Darwin n'est certes pas parfaite mais l'Evolution elle est un fait qu'il ne reste qu'à comprendre dans ses moindres détails.

Par Pierre Ankh - Publié dans : Actualité - Communauté : Ligue anti-créationniste
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Vendredi 30 janvier 2009
La science, depuis ses origines antiques, n'a cessé d'évoluer, de se transformer petit à petit pour obtenir toujours plus de connaissances et de précisions sur le monde qui nous entoure mais aussi sur nous-même.

La science d'Aristote, maîtresse jusqu'à la Renaissance, a été dépassée grâce à l'apparition de la science moderne dont Copernic et Galilée ont été les principaux acteurs.

Ceux-ci ont en effet développé considérablement l'approche scientifique se détachant des croyances religieuses de l'époque pour aller vers un savoir le plus objectif possible.

Copernic lance une première révolution en bouleversant le système Ptolémaïque (datant du 2e siècle ap J-C) pourtant corroboré par l'expérience!
Il le dit lui-même : "Contre l'opinion des mathématiciens et même contre le sens commun, j'ose imaginer quelque mouvement à la Terre". Des Révolutions des orbites terrestres, 1543.

Kant s'inspira de la méthode de Copernic consistant à changer de point de vue. En effet, en regardant la course du soleil, on ne voit qu'un mouvement de cet astre et non de la Terre, le génie de Copernic a été de dépasser le simple empirisme, ce qui constituera ensuite un des principes de la science.

Galilée, lui va confirmer par l'observation la thèse de Copernic grâce à l'invention de la lunette astronomique.
Ce qu'il découvre bouleverse le monde chrétien du XVIe siècle. Il a en effet observé les cratères de la Lune (la perfection céleste n'existe pas), des satellites à Jupiter (existence de plusieurs centres de rotation) et des tâches solaires ainsi que leur changement (perfection là encore mise à mal).

Mais il va plus loin, en effet, Galilée propose aussi une délimitation de la Science et de la religion en affirmant que toute lecture littérale de la Bible est impossible. De plus, il expose aussi le fait que les références aux Ecritures doivent être secondaires et donner la priorité à l'expérience et aux raisonnements scientifiques.

Lettre à Don Benedetto Castelli

Voici un extrait de sa lettre expliquant bien son point de vue. La dernière phrase est particulièrement signifiante :
"j'estimerais prudent de ne permettre à personne d'engager les sentences de l'Ecriture et de les obliger en quelque sorte à garantir la vérité de telle conclusion naturelle dont il pourrait arriver que nos sens ou des démonstrations indubitables nous prouvent un jour le contraire"

Voici pour la première étape de l'évolution de la pensée scientifique, ce changement de point de vue tout d'abord, et ce détachement de la Religion, car pour Galilée, "Le grand livre de la Nature est écrit en langage mathématique". Pour lui la science prime car elle est plus sure que les interprétations bibliques.


Ce qui nous intéresse principalement ensuite c'est en particulier les principes contemporains comme ceux de Claude Bernard, Russell ou Popper.

Je me contenterai ici de quelques citations seulement dans un premier temps :

  • "La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou des dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu'elle à dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximation successive" Russell, Science et Religion
On a ici une distinction remarquable entre croire et savoir et cela montre bien que toute Science de la Création est totalement impossible vu que la Création est un dogme et n'a donc aucune cause, ce qui est précisément le but de la Science.


  • "Science donc prévoyance, prévoyance donc action" Auguste Comte, Cours de philosophie positive
Pour Comte, et pour tout un courant de pensée scientifique après lui, le conventionnalisme, une théorie scientifique peut être dite vraie dès lors où elle augmente notre action sur le réel. Est vrai ce qui fonctionne.


  • "Une théorie qui n'est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique. Pour les théories, l'irréfutabilité n'est pas (comme on l'imagine souvent) vertu mais défaut." Karl Popper, Conjectures et réfutations.
Popper expose ici un des piliers fondamentaux de la science, le caractère falsifiable (falsificationnisme) d'une théorie scientifique. C'est ce qui rompt avec la méthode inductiviste. Pour Popper, l'universel ne peut être établi sur des expériences particulières.
"Tant qu'une théorie résiste à des tests systématiques et rigoureux nous pouvons dire que cette théorie a fait ses preuves ou qu'elle est corroborée".


  • Expérimenter c'est "faire varier ou modifier dans un but quelconque les phénomènes naturels et les faire apparaître dans des conditions dans lesquelles la Nature ne les présentait pas" Claude Bernard, Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine.


Voici les principales bases  théoriques de la Science telle que nous la connaissons et pratiquons en général aujourd'hui. Ces auteurs sont assez fondamentaux et j'en reparlerais prochainement, surtout Russell comme vous pouvez vous en douter aux vues du titre de son ouvrage.

Les principes fondamentaux de la Science tiennent compte de ces théories et sont les suivant :

  • Scepticisme initial du savant  : L'hypothèse doit être constamment mise à l'épreuve, il faut essayer de connaître l'inconnu et non de chercher les preuves de ce qu'on sait déjà.
  • Matérialisme méthodologique : Tout ce qui est expérimentable est de la matière ou propriété de la matière. Cela s'oppose au matérialisme ontologique qui est une croyance tout comme celle en Dieu (qui ne peuvent être expérimentés) mais cela n'empêche pas ce principe de s'appliquer.
  • Rationalité : l'impératif de la cohérence logique.
  • Parcimonie : la préférence est toujours donné aux théories les plus économiques en hypothèses. (voir pour cela Rasoir d'Occam )
Voilà au moins une chose de sure! Les théories créationnistes ne sont absolument pas scientifiques et ne le serons jamais.
Par Pierre Ankh - Publié dans : Cours de Science
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